travailler ensemble

TRAVAILLER ENSEMBLE

Les balades
Je ne sais plus vraiment comment ça a commencé.
Deux colocs, archi et urba, mais surtout en quête d’autres façons de faire la ville et voir le monde qui nous entoure. Une voisine historienne, de l’énergie à communiquer.
Un prétexte à travailler ensemble à l’occasion des Journées du Patrimoine : faire une balade. Puis une deuxième, et une troisième. On a commencé à tirer des images en petit format, puis en grand format, à les placer dans l’espace public, en regard d’une situation, d’un récit de l’histoire de ce morceau de ville qu’on arpentait encore et encore, le samedi ou le dimanche matin.

Le journal
Faire la double-page visuelle d’un petit canard des voisins. Puis penser, à chaque nouvelle rentrée, à chaque nouveau numéro, comment articuler plusieurs plumes, plusieurs voix qui parlent d’un même espace.

Les JEP
En 2018, on a ouvert nos appartements à la visite. Une année balade, une année portes ouvertes. Une année dehors, une année dedans. C’est joli, comme rythme. Cette année donc, nous étions une demi-douzaine d’habitants à ouvrir nos appartements, et bien le double de mobilisés pour accompagner les curieux à voir la ville depuis nos chez-nous, à retourner le regard sur une architecture moderne qui resemble juste à des “grille-pains” ou des “radiateurs” vus de dehors, à raconter nos manières d’y vivre dans la verticalité et en collectivité. Cette année, on a investi les paliers, et les halls, ces espaces communs, avec des images (une mini collections de photos argentiques de l’époque) et du son (un concert par des amis musiciens de l’association l’Oreille Presque Parfaite)

Le webdoc
Ce projet m’est apparu comme une nécessité : avec tant de matière sur les recherches historiques des uns, les actions militantes ou poétiques des autres, les images d’hier, celles d’aujourd’hui, les mots d’auteurs et ceux d’habitants ; avec autant de matière, comment aller au-delà du simple rendez-vous ponctuel (un dimanche matin de 10 à midi), du simple évènement (une journée à l’an, ces journées du patrimoine, ou un mois, ce mois de l’anniversaire des 50 ans des fouilles du jardin des vestiges, ou une année, l’année du patrimoine) ? Comment dépasser ces fêtes pour célébrer le quotidien, et surtout, le raconter pour y penser, le partager pour ne pas l’oublier.
Que faire de toute cette matière ?
Comment travailler ensemble avec nos approches personnelles et complémentaires ?
Repartir de l’individu créateur, proposer un cadre à chacun pour exprimer sa manière d’habiter.
Pour moi, il s’agit de relier des choses. Le texte et l’image, le quotidien et l’histoire, le petit geste et l’acte militant.

Si je devais me souvenir de quelques pépites de ces trois dernières années aux Labourdettes, je dirais :
– le retournement, ce moment de révélation en balade, quand trente personnes se retournent entre une image d’archive et le lieu d’aujourd’hui, à l’endroit même de la prise de vue, cette prise de conscience du lieu et de l’épaisseur qui le fait
– le collectif, quand on s’est retrouvés à 12 à fabriquer une balade ensemble, sur 12 tableaux, ou la reconstitution de la place aux oeufs au milieu du feu jardin des vestiges, ou un journal de 8 pages qui parle de notre lieu de vie. L’addition de petits gestes qui forment un grand geste

[ssba]