les Templiers

Sur les franges du Grand Vide, nous retrouvons la Brasserie des Templiers.

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De nos jours, les grands urbanistes sont aussi de grands capitaines, parfois hommes de guerre, comme Lyautey, parfois chefs d’industrie comme Michelin ou Ford ; ce sont aussi des économistes qui essaient de capter dans ces réservoirs humains que sont les cités quelques-unes des activités dont le monde matériel tire sa richesse et aussi ce mystérieux pouvoir qui guide les hommes dans leurs déplacements ou leurs commerces qui fait d’une ville un aimant. Et nul ne pourra faire oeuvre qui dure, bâtir un centre qui soit vraiment un coeur, c’est-à-dire qui ait ses pulsations, ses refoulements et ses appels d’énergie s’il ne s’est tout d’abord préoccupé des lois qui régissent la physiologie des villes.
C’est précisément ce qu’il faut rappeler au moment où la reconstruction tant attendue des quartiers de la Bourse va commencer, où un décret présidentiel vient d’approuver la mise en vente des terrains, suivant le plan d’aménagement dressé par notre éminent confrère et ami, M. Gréber. Et voilà que la fièvre a gagné le clan des urbanistes et que la discorde y est entrée. Nous ne discuterons aujourd’hui pas davantage le projet de construire une mairie par morceaux dans cet espace déjà fragmenté, je crois ce projet sans lendemain ; notre excellent collègue Senès sait qu’on peut très bien faire le futur hôtel de ville aussi grand qu’il le désire dans le quartier de l’hôtel-Dieu. Je veux simplement évoquer la physionomie du quartier futur, le rêver avec sa forme, son aspect utilitaire et somptueux, sa couleur, son caractère plaisant, ses lignes brisées modernes, ses rotondes, ses pans coupés, ses arcades et ses windows, avec cette sensation ardente de foyer : fourmilière le jour, fournaise la nuit. Nous allons assister à un beau miracle : à la place des tertres silencieux et pelés, la civilisation viendra avec tous ses bruits, toutes ses lumières, ses fantasmagories, ses richesses et y installera son bazar de merveilles, ses toutes dernières nouveautés.

Visions d’un centre urbain, mars 1932, Gaston Castel

Castel imagine un projet urbain moderne pour les terrains de la Bourse.

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Projet d’aménagement des terrains de la Bourse, 1935, [MHM]

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