de la Bourse au Grand Vide

En 1927, le Grand Vide est toujours là. L’architecte Gaston Castel écrit depuis la terrasse du Café Glacier, sur la Canebière :

À l’heure actuelle il n’est pas de question plus digne d’attention que celle de la reconstruction des quartiers de la Bourse. Pour la première fois les palissades des chantiers atteignent le cours Belsunce ; il y a trois mois elles longeaient la rue République ; déjà on apercevait du Café Glacier les maisons de la rue Colbert. C’est tout un vaste quadrilatère qui se découvre. Mais cette vue réjouissante s’accompagne d’une pensée inévitable : celle de la reconstruction ; car on ne peut songer conserver plus longtemps au coeur de la ville ce grand espace nu, si attrayant que soit le contraste avec les quartiers puants d’autrefois.

Gaston Castel, revue Les Cahiers du Sud, juillet 1927.

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Vue générale, 1926, [MHM]

La vue qu’il décrit traverse le Grand Vide de la Canebière jusqu’à la rue Colbert. Nous pouvons remarquer sur la gauche de cette vue d’ensemble, la grande ombre du palais de la Bourse qui s’impose dans le vide.

Le Grand Vide est venu remplacer ce qui constituait un tiers de la vieille ville de Marseille, fait de ruelles étroites et d’immeubles habités par toute une population. C’est le plan Lavastre qui nous montre le plein avant le vide.

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plan Lavastre, extrait du film Le coeur éclaté de Marie-Christine Bouille et Alain Dufau

Vers un autre regard sur le Grand Vide

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